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C'est avec beaucoup de tristesse et d'émotions que nous vous annonçons que l’association Human’Iteem vient de perdre l'un des siens.

En effet, nous avons appris il y a peu que Rémy Anscutter, élève en 5eme année à l’Iteem, nous a quitté.


Rémy était un membre fondateur d’Human’Iteem, non seulement dans l’acte, mais aussi par sa présence aux seins des projets.

 

 

 

Rémy, je l’appelais M. le président. A Human’Iteem, je lui dois beaucoup car tout fraîchement arrivé que j’étais, il m’a épaulé et guidé pour  tenir mon rôle de trésorier de l’association puis au Burkina Faso lorsque nous y sommes partis en mission lors de l’été 2008.

Chris Delepierre, IE4

 

 

Rémy a joué un rôle crucial dans l’association. Lorsque la plupart des membres des projets et du bureau sont partis effectuer leur stage à l’étranger, il a pris la place de président et la direction des projets menés à l’époque.

 


Le projet n'aurait surement pas survécu s'il n'avait pas été là

Cyprien Prouvot

 

On sentait que Rémy aimait vraiment l’Afrique, qu'il s'y sentait bien. Et l’Afrique le lui rendait bien d'ailleurs, il était très apprécié des copains burkinabés!


Marion Grard

 

Je suis fier de toi mon cousin ! Et je te remercie de tout mon cœur ! Grâce à toi, on était là-bas, ensemble, au Burkina ! Mon cousin adoré, je t'admirais ! En 2008, à 21 ans, t’as pris les commandes d’un vaste projet de solidarité internationale, c’était toi le responsable, t'étais le pilote, et c’était sur toi que reposaient les espoirs d’un village entier, Boala !

A 21 ans, tu avais à gérer un budget de près de 10 000 euros… Le conseil régional du Nord-Pas-de Calais t’avait fait confiance pour cette mission, et je peux le dire, tu as tenu tes objectifs !

Mon cousin, tu m’as impressionné, et j’ai beaucoup appris à tes côtés ! A 21 ans, au cours de cette mission, tu es allé à la rencontre du préfet de Boala, tu as rencontré le chef du village, et tu as obtenu leur soutien. Ils t’ont remercié pour ce que tu faisais, ils comptaient sur toi et tu ne les as pas déçus.

Tu as organisé des réunions avec les villageois de la coopérative, tu as rencontré la directrice d’une école pour lui faire don de matériels, tu es allé dans un ministère, au service du cadastre, pour connaître les prix des terrains à Boala et acheter 6 hectares l’été suivant.

Tu as rencontré un entrepreneur en charge de la construction du bâtiment de la coopérative, un bâtiment de 60 mètres carrés ! Et tu as discuté avec l’ingénieur en charge de contrôler les travaux.

Mon cousin, à 21 ans, tu as fait tout ça, c’était bien toi, t’étais déjà un grand homme, plein de qualités, et d'humanité. Je t'aime

Nicolas

RÉMY ET LE BURKINA FASO

Il affectionnait ce « cœur de l’Afrique noire, au milieu de nulle part, dans la brousse burkinabé », loin de chez lui « en ces terres ancestrales » mais n’ayant aucune crainte car « dans la patrie des hommes intègres », il savait que nous «serions bien reçus ».


Je retiens de lui un être en questionnement, voulant toujours atteindre des sommets. Je crois que le Burkina lui permettait cela, il écrivait : « Dans un pays complètement différent du notre, nos repères vont être chamboulés, les odeurs, la chaleur, les couleurs tout sera

différent, mais
si beau, si vrai. Nous allons pouvoir vivre la diversité culturelle du monde, nous allons nous rendre compte qu’il existe d’autres réalités, d’autres façons de voir la vie, de penser, de manger...
Cela va nous ouvrir l’esprit, mais pour cela il faut être prêt, il faut que chacun d’entre vous soit prêt à vivre [...] psychologiquement cette expérience inoubliable, vous devez être prêt à vivre en communauté, vous devez être prêt à respecter une culture si étrangère de la nôtre, car la compréhension ne peut passer que par le respect. »

Son respect s’est manifesté à travers ses nombreuses implications dans l’association et lors de ses nombreuses missions au Burkina : un esprit de générosité et de solidarité pour "créer de l'aide au développement et non pas de faire de l'assistanat". Il disait : « Pourtant, malgré ces
conditions de vie extrêmement difficiles, il y a une chose admirable chez ce peuple burkinabé qui m’a beaucoup touchée : ils sont toujours tous soudés, prêt à s’aider les uns les autres, possèdent une joie de vivre hors norme… Ils nous rappellent les vraies valeurs de la vie, comme
la solidarité, la famille, la santé ou l’amitié. Certaines valeurs tendent parfois à s’estomper dans notre société, alors qu’elles sont la base de tout. »


Le Burkina, c’était donc pour lui un équilibre nécessaire pour revenir aux fondamentaux et être ainsi heureux : « (il) savait que tous les gens qui partaient faire de l’humanitaire en revenaient littéralement transformés, bouleversant la vision que l’on peut se faire sur le monde et la vie.
Cependant, c’est lorsque l’on se rend soi-même sur le terrain, que l’on peut voir de ses propres yeux cette autre réalité, que tout prend un sens. On en revient aux fondamentaux, à savoir les critères très subjectifs qui font que nous sommes heureux ou non."

Ainsi, il ne perdait pas le sens de la réalité et il m’a appris à y revenir : « Bien partir, c’est aussi penser au retour, [...] c’est une période de transition qui doit vous permettre de prendre contact avec la réalité de votre pays. [...] Le retour revêt souvent de l’apparence de la grande inconnue à mesure que la date de l’échéance approche ! »



QUELQUES ANECDOTES


« Pour  moi,  Rémy  était  incontestablement  un grand blagueur!
Il  avait  imité  la  voix  de  monsieur  Bigand  en  m'appelant  "Monsieur  Guêtré"  pour  une  convocation  dans  son  bureau...  Il  avait  enregistré la conversation et me la ressortait  à  chaque  fois!  Bref  plein  d'humour  je  pense  qu'il  faut  lui  rendre  hommage  en  gardant  le sourire car c'est ce qu'il nous a apporté. »

Nicolas Guétré

 

 

 

« Pendant le premier voyage au burkina rémy avait bien mis l'ambiance avec ses blagues. Elise, dis moi si je me trompe mais il me semble que c'était lui qui avait eu l'idée avec romain de faire peur à Élise avec une tête de poulet ?

On  avait  ramené  une  guitare,  et  il  joue  super  bien  de  la  guitare.  Son  répertoire  c'était  la  variété française,  il  nous  jouait  du  Goldman,  il  faisait  des  impros  (le  lion  est  mort  ce  soir  sur  toutes  les  tonalités) il changeait les paroles...

Nadège l'appelait Rémy Anscutter-Amsterdam, elle rigolait tout le temps quand Rémy était dans les  parages, elle aimait beaucoup ses blagues, comme le reste des gens d'ailleurs! »

Marion Grard

Il était généreux, avait toujours le sourire et s'occupait bien de nous, les filles ;)

Élise Fiévret